L’essentiel à retenir : légale depuis 1992, l’activité d’escorte en Suisse impose le statut d’indépendant. Cette reconnaissance implique des démarches incontournables comme l’annonce à la police, le paiement des cotisations sociales et la déclaration fiscale. Respecter ce cadre strict assure une protection sociale essentielle et évite les sanctions, malgré des réglementations qui varient fortement selon les cantons.
L’angoisse d’un contrôle fiscal ou le doute sur la légalité de vos gains pèsent souvent lourdement sur votre quotidien d’indépendante. Comprendre pourquoi et comment déclarer revenus escort suisse constitue pourtant votre meilleure protection juridique et sociale pour exercer durablement. Ce guide pratique vous détaille les démarches obligatoires et les spécificités cantonales pour gérer votre argent et votre statut l’esprit tranquille.
- Le cadre légal de l’escorting en Suisse : ce qu’il faut savoir
- L’obligation de déclarer ses revenus : oui, c’est incontournable
- Fiscalité pour les escortes : comment ça marche concrètement ?
- Les spécificités cantonales : un puzzle à assembler
- Gérer son activité en toute conformité : aspects pratiques
- Votre checklist de conformité en tant qu’escorte en Suisse

Le cadre légal de l’escorting en Suisse : ce qu’il faut savoir
La prostitution est-elle légale en Suisse ?
Soyons clairs : oui, la prostitution est légale au niveau fédéral en Suisse depuis 1992. Ce n’est absolument pas un délit, mais une activité économique reconnue par l’État.
Mais attention, légal ne veut pas dire « tout est permis ». Cette liberté est strictement encadrée. Chaque canton, et même chaque commune, impose ses propres règles du jeu.
En fait, la loi considère cela comme une activité lucrative licite. C’est ce statut officiel qui te donne des droits, mais qui implique aussi des devoirs précis, surtout au niveau fiscal et administratif.
Le statut d’indépendant : la clé de la conformité
La grande majorité des travailleuses du sexe opèrent sous le statut d’indépendant. En gros, tu es ta propre patronne : tu décides de tes tarifs, de tes horaires et de tes clients. C’est la condition sine qua non pour exercer librement.
Le salariat ? Oubliez, c’est quasi inexistant et juridiquement casse-tête. Le modèle de l’indépendance reste la norme absolue et fonde tout le cadre légal de la prostitution en Suisse.
C’est justement ce statut d’indépendant qui déclenche l’obligation formelle de déclarer revenus escort suisse aux autorités fiscales.
Les obligations d’annonce : une étape non négociable
Avant même de voir ton premier client, tu as l’obligation de t’annoncer auprès de la police cantonale ou du service des migrations. Ce n’est pas une option, c’est impératif.
Cette démarche sert à t’enregistrer officiellement, vérifier ton identité et valider ton permis de travail. Vois-le aussi comme une mesure de protection personnelle indispensable.
Attention, la procédure varie énormément d’un endroit à l’autre. À Genève, par exemple, le fichage est une réalité stricte, alors que d’autres cantons ont des approches différentes. Se renseigner localement est donc indispensable pour rester dans les clous.
L’obligation de déclarer ses revenus : oui, c’est incontournable

Maintenant que le cadre légal est posé, abordons la question qui fâche : l’argent. La réponse est simple et directe.
Pourquoi vos revenus sont une activité lucrative imposable
On ne va pas tourner autour du pot : oui, déclarer ses revenus d’escort en Suisse est obligatoire. Ici, dès qu’une activité génère de l’argent de façon régulière, elle est qualifiée d’activité lucrative indépendante. Ce statut la rend automatiquement imposable aux yeux de la loi.
L’administration fiscale se moque éperdument de la nature de votre travail ou de vos jugements moraux. Pour elle, un franc gagné en vendant des gâteaux ou via des services d’escorting, c’est exactement pareil : un revenu à taxer, point final.
C’est le prix à payer pour exercer légalement. Cette transparence fiscale est la contrepartie directe de la légitimité de votre activité.
Les assurances sociales (avs/ai) : une protection et une obligation
Mais payer ne sert pas uniquement à remplir les caisses de l’État. En déclarant tout, vous ouvrez vos droits aux assurances sociales suisses, exactement comme n’importe quel autre travailleur indépendant. Voyez ça comme une sécurité indispensable pour votre propre avenir, pas juste une taxe.
Concrètement, vous devez verser des cotisations pour l’AVS (la retraite), l’AI (l’assurance-invalidité) et les APG (allocations pour perte de gain). Ce n’est pas une option à la carte, c’est une obligation légale stricte liée à votre statut.
Ne voyez pas ça comme de l’argent perdu. En cas de pépin, comme une maladie ou un accident, ou simplement pour votre retraite plus tard, ces cotisations feront toute la différence entre la précarité et la sécurité.
Les risques de la non-déclaration : ce qu’il faut savoir
Parlons franchement des risques, sans panique mais avec lucidité. Ne rien déclarer, c’est techniquement de la soustraction fiscale. L’administration ne prend pas ça à la légère et les contrôles existent bel et bien.
Si vous vous faites rattraper, les conséquences financières sont lourdes. Vous risquez un redressement fiscal complet : on vous réclamera les impôts rétroactifs, avec des intérêts de retard, plus une amende qui peut être très salée. L’addition grimpe vite.
Honnêtement, la tranquillité d’esprit d’être totalement en règle n’a pas de prix. Mieux vaut prévenir les ennuis que de devoir gérer une dette énorme plus tard.
Fiscalité pour les escortes : comment ça marche concrètement ?
Déclarer, c’est bien. Mais comment on fait ? Le système fiscal suisse distingue principalement deux situations.
L’impôt à la source (is) : le cas des travailleuses étrangères
L’impôt à la source touche surtout celles qui bossent ici sans le passeport rouge ou le permis C. C’est le standard pour les étrangères. Vous ne remplissez pas de feuille d’impôt classique à la fin de l’année. Tout se joue avant.
Le principe est simple : l’État se sert directement sur vos gains. Si vous bossez en salon, c’est souvent le patron qui retient la somme. Vous touchez le net.
Pour les indépendantes, c’est plus acrobatique. Vous devez vous annoncer et payer vous-même, souvent via des acomptes mensuels. C’est votre responsabilité de gérer cette paperasse.
La taxation ordinaire : pour les résidentes suisses (permis c)
Voici un détail que beaucoup oublient. Si tu es Suissesse ou que tu as ce fameux permis C, tu passes à la taxation ordinaire. C’est le régime standard.
Là, c’est le rituel annuel de la déclaration fiscale. Tu dois lister l’ensemble de ta fortune et déclarer revenus escort suisse comme tout autre gain. L’administration ne fait pas de distinction morale. Tout doit y passer.
Le gros avantage ici, c’est la déduction des frais réels. Tu peux soustraire ton loyer pro ou ta lingerie, ce qui allège la note finale.
Le forfait journalier : une solution en cas de revenus non traçables
Parlons du forfait journalier, une méthode spécifique utilisée quand le flou règne. Certains cantons, comme Berne, l’utilisent si tes revenus exacts sont impossibles à prouver. C’est une estimation administrative pure et dure. On ne chipote pas.
Prenons le cas bernois : l’administration fixe parfois un montant arbitraire, disons 25 CHF par jour. C’est prélevé pour couvrir l’impôt. Ça simplifie le calcul immédiat.
Attention, ce n’est pas une astuce pour payer moins. Tenir une comptabilité précise reste la seule façon d’éviter les mauvaises surprises fiscales.
Les spécificités cantonales : un puzzle à assembler
Les lois cantonales sur la prostitution (lprost)
En Suisse, le fédéralisme ne fait pas de cadeau. La plupart des cantons ont édicté leur propre Loi sur la prostitution (souvent appelée LProst). Ce sont ces textes locaux qui fixent les règles du jeu pour déclarer ses revenus d’escort en Suisse et exercer légalement.
Ces lois régissent absolument tout : les lieux où tu as le droit de travailler, les horaires imposés et même les conditions d’hygiène strictes à respecter.
Le message est clair : ne jamais présumer que la règle de Lausanne s’applique à Genève. C’est le meilleur moyen de finir avec des ennuis évitables.
Un aperçu des règles : genève, vaud, zurich
Prenons des cas concrets. À Genève, la réglementation est très stricte, avec des contrôles réguliers et une annonce obligatoire à la brigade des mœurs pour pouvoir exercer en toute légalité.
Dans le canton de Vaud, l’accent est mis sur l’enregistrement et le respect des zones autorisées. Il peut être interdit d’exercer dans certaines communes, et le travail de rue y est aussi très réglementé par la police.
À Zurich, il existe des « box » spécifiques (Strichplatz) pour le travail de rue, une approche pragmatique pour encadrer l’activité. Cela montre à quel point les solutions varient. Chaque ville, comme Lancy ou Winterthour, a ses propres réalités.
| Canton | Obligation d’annonce | Spécificités notables |
|---|---|---|
| Genève | Oui, police (Brigade de répression du proxénétisme et de la traite des êtres humains) | Contrôles sanitaires et administratifs fréquents. Exercice en salon ou appartement autorisé sous conditions. |
| Vaud | Oui, police cantonale | Distinction claire entre prostitution de rue (très encadrée) et en salon/appartement. Interdictions dans certaines communes. |
| Berne | Oui, police cantonale | Réglementation précise sur les zones autorisées. Fiscalité avec option de forfait journalier pour l’impôt à la source. |
| Zurich | Oui, police de la ville | Existence de zones dédiées (Strichplatz). Réglementation stricte des salons. |
Où trouver l’information officielle et fiable ?
Oubliez les rumeurs, la seule source valable est officielle. Pour les règles d’exercice, contactez directement la police cantonale des mœurs ou le service équivalent de votre canton de travail pour être sûre.
Pour la fiscalité, l’administration fiscale cantonale est votre interlocuteur privilégié. Le site officiel des impôts du Canton de Berne est un bon exemple de ressource claire pour comprendre vos obligations.
Ne vous fiez pas aux « on-dit » des collègues. Prenez le temps de vérifier par vous-même, c’est votre sécurité qui est en jeu.
Gérer son activité en toute conformité : aspects pratiques
Passons de la théorie à la pratique. Être en règle, c’est avant tout une question d’organisation au quotidien.
Tenir une comptabilité simple mais rigoureuse
On pense souvent que la comptabilité est un monstre administratif. Faux. Pas besoin de diplôme : un simple carnet ou un fichier Excel fait l’affaire pour débuter. L’objectif est limpide : vous devez tracer vos entrées et vos sorties d’argent sans faille.
Prenez le réflexe de noter chaque prestation : la date précise et le montant perçu. Gardez précieusement toutes les factures liées à vos dépenses professionnelles, même les plus petites.
Cette petite discipline quotidienne vous épargnera des sueurs froides et des heures de panique lors de la déclaration fiscale.
Quelles dépenses pouvez-vous déduire de vos impôts ?
C’est ici que ça devient intéressant : les déductions fiscales. Comme toute indépendante, vous avez le droit de soustraire les frais liés à votre activité. Mécaniquement, cela réduit votre revenu imposable et allège la facture finale.
Pour que ce soit clair, voici ce qui rentre généralement dans le calcul pour déclarer revenus escort suisse :
- Frais de publicité (annonces sur les sites spécialisés, shootings pros)
- Loyer d’un appartement dédié ou pièce de travail (au prorata de l’usage)
- Factures de téléphone et abonnements internet
- Achat de matériel indispensable (lingerie de travail, produits d’hygiène, préservatifs)
- Frais de déplacement pour rejoindre vos clients
- Cotisations à des associations de défense ou professionnelles
- Frais de formation continue (langues, massage, etc.)
Attention, pas de ticket, pas de déduction. Vous devez prouver que chaque dépense était vitale. Certains postes, comme la lingerie, peuvent faire tiquer le fisc s’ils semblent trop personnels ; restez cohérente.
Le cas de la double imposition pour les frontalières
Si vous vivez en France ou en Allemagne mais travaillez ici, la situation se corse. La grande question qui fâche : à quel guichet devez-vous payer vos impôts ?
Rassurez-vous, la Suisse a signé des conventions de double imposition pour éviter de payer deux fois. En règle générale, les revenus d’une activité indépendante sont taxés dans le pays où vous exercez physiquement votre métier.
Vu la complexité des accords transfrontaliers, je vous recommande chaudement de consulter un fiscaliste spécialisé pour ne pas trébucher.
Votre checklist de conformité en tant qu’escorte en Suisse
Pour résumer tout ça et vous aider à y voir clair, voici une checklist simple. Considérez-la comme votre feuille de route pour travailler sereinement et éviter les mauvaises surprises administratives.
Étape 1 : vérifier son statut et son permis de travail
Tout commence par la base : assurez-vous d’avoir le droit de travailler en Suisse. Si vous êtes citoyenne de l’UE/AELE, c’est assez souple : pour une activité de moins de 90 jours, une simple procédure d’annonce en ligne suffit.
Par contre, si vous comptez exercer plus longtemps, il faudra obtenir un permis de travail officiel (généralement un permis L ou B).
Enfin, confirmez que vous opérez bien en tant qu’indépendante, car c’est le statut juridique standard pour ce métier ici.
Étape 2 : s’enregistrer et s’annoncer
C’est l’action qu’on redoute parfois mais qui est indispensable : contactez la police cantonale ou le service compétent pour vous annoncer avant même de commencer.
Ensuite, vous devez impérativement vous affilier à une caisse de compensation AVS en tant qu’indépendante. C’est cette démarche qui formalise votre statut social et vous permet de cotiser pour votre retraite et l’AI.
N’oubliez surtout pas de souscrire une assurance maladie privée, car elle est strictement obligatoire pour toute personne résidant en Suisse.
Étape 3 : déclarer et payer ses impôts et cotisations
L’organisation est votre meilleure amie : mettez en place un système rigoureux de suivi des revenus et des dépenses.
Vous devrez remplir votre déclaration d’impôt chaque année (taxation ordinaire) ou vérifier que l’impôt à la source est juste. Déclarer revenus escort suisse fait partie du job.
Pensez aussi à payer régulièrement les factures de votre caisse AVS pour être à jour dans vos cotisations sociales.
Encadré : À retenir
- Oui, les revenus d’escort sont imposables en Suisse.
- Le statut d’indépendante est la norme et entraîne des obligations.
- L’annonce à la police et l’affiliation à une caisse AVS sont obligatoires.
- Les règles varient énormément d’un canton à l’autre. Renseignez-vous localement.
- Tenir une comptabilité simple est votre meilleure alliée.
Checklist de conformité finale
- Ai-je le bon permis de travail ?
- Me suis-je annoncée à la police de mon canton d’activité ?
- Suis-je affiliée à une caisse de compensation AVS ?
- Ai-je une assurance maladie suisse valide ?
- Est-ce que je note tous mes revenus et dépenses professionnelles ?
- Sais-je si je dépends de l’impôt à la source ou de la taxation ordinaire ?
- Ai-je mis de l’argent de côté pour mes impôts et cotisations ?
Respecter le cadre légal suisse est essentiel pour exercer l’escorting sereinement. En déclarant vos revenus et en suivant les règles cantonales, vous protégez votre activité et votre avenir. Ne voyez pas ces démarches comme un fardeau, mais comme le socle de votre professionnalisme. Soyez rigoureuse, restez informée et prenez soin de vous.
FAQ
Comment faire pour se déclarer officiellement comme escorte ?
Pour exercer en toute légalité, la démarche se fait en deux temps. D’abord, vous devez annoncer votre activité à la police cantonale (souvent la brigade des mœurs ou le service du commerce) de votre lieu de travail. Ensuite, il est impératif de s’affilier à la caisse de compensation AVS de votre canton en tant qu’indépendante. Ces deux étapes valident votre statut administratif et social.
Quelle est la méthode pour déclarer ses revenus gagnés en Suisse ?
Cela dépend de votre permis. Si vous avez un permis C ou êtes Suissesse, vous remplissez une déclaration d’impôt annuelle classique en mentionnant vos revenus nets. Si vous êtes étrangère (permis B, L ou sans permis durable), vous êtes généralement soumise à l’impôt à la source. Dans ce cas, l’impôt est souvent prélevé directement par le salon ou via un forfait journalier (comme à Berne) à régler auprès de l’administration fiscale.
Est-ce que le travail du sexe est vraiment légal en Suisse ?
Oui, la prostitution est une activité économique légale en Suisse en Suisse depuis 1992. Ce n’est pas un délit, à condition de respecter les règles : être majeure, avoir un permis de travail valide et exercer dans les zones ou lieux autorisés par le canton. C’est cette légalité qui vous oblige en retour à déclarer vos revenus et à payer vos cotisations sociales.
Que risque-t-on en cas de non-déclaration de revenus ?
Ne pas déclarer ses revenus est considéré comme de la soustraction fiscale. Si vous êtes contrôlée, vous devrez payer les impôts « oubliés » sur plusieurs années (rappel d’impôt), augmentés d’intérêts de retard et d’une amende qui peut être très lourde. De plus, pour les étrangères, une infraction fiscale grave peut mettre en péril le renouvellement de votre permis de séjour.
Est-ce que 5000 euros est un bon revenu pour vivre en Suisse ?
Attention au coût de la vie très élevé en Suisse. Si 5000 euros (environ 4700 CHF) peuvent sembler confortables ailleurs, c’est un montant juste pour une indépendante ici. Une fois déduits vos frais professionnels (loyer du local, publicité onéreuse, déplacements) et vos cotisations sociales (AVS, assurance maladie), le montant net restant peut vite fondre. Il est crucial de bien calculer votre rentabilité réelle.
Comment gérer la déclaration de revenus venant de l’étranger ?
Si vous êtes résidente fiscale en Suisse, vous devez déclarer votre revenu mondial, c’est-à-dire tout ce que vous gagnez, ici et ailleurs. Si vous avez perçu des revenus à l’étranger, ils doivent figurer dans votre déclaration suisse pour déterminer votre taux d’imposition global, même s’ils ont déjà été taxés ailleurs (selon les conventions).
Frontalières : comment éviter la double imposition entre la France et la Suisse ?
La France et la Suisse ont signé une convention pour éviter que vous ne payiez deux fois. En règle générale, une indépendante paie ses impôts là où elle exerce physiquement son activité (en Suisse). Vous devez tout de même déclarer ces revenus en France, mais vous bénéficierez d’un crédit d’impôt ou d’une exonération pour ne pas être taxée deux fois sur la même somme. L’aide d’un fiduciaire est vivement recommandée pour ne pas faire d’erreur.

